Depuis le début du conflit au Moyen-Orient en février 2026, les prix à la pompe ont atteint des niveaux historiques en France. Le gazole dépasse désormais les 2,19 € le litre, et le sans-plomb 95 franchit la barre des 2 €. Pour les entreprises, cette flambée des prix du carburant représente bien plus qu’un simple poste budgétaire : elle menace l’équilibre financier global et accentue les risques de dérives sur les notes de frais.

Selon l’Insee, l’inflation a atteint 1,7 % sur un an en mars 2026, tirée notamment par la hausse des prix de l’énergie qui bondissent de 7,3 % sur la même période (source : Insee 2026). Les effets se diffusent dans toute l’économie, et les entreprises à forte mobilité sont en première ligne.

Dans ce contexte, comment garder la maîtrise de vos dépenses de carburant et comment prévenir la fraude qui, selon une enquête du télématicien britannique Cubic, touche près d’un salarié sur cinq ? Voici les clés pour agir.

Une hausse inédite qui pèse sur les budgets d’entreprise

La hausse des prix du carburant en 2026 n’a rien d’anodin. En un mois seulement, le gazole a enregistré une augmentation de près de 28 % et le sans-plomb 95 d’environ 15 %. Le baril de Brent est passé de 72 dollars fin février à 109 dollars début avril, soit une progression de plus de 50 %.

Pour les entreprises dont les collaborateurs se déplacent régulièrement : commerciaux, techniciens, livreurs, le surcoût est immédiat. Un plein de 40 litres de gazole coûte désormais plus de 20 euros de plus qu’avant le début du conflit.

À l’échelle d’une flotte de véhicules, l’impact peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros supplémentaires par an. Certaines structures ont déjà dû procéder à des licenciements économiques, le coût des carburants étant devenu insoutenable.

Quand la flambée des prix pousse à la fraude

L’augmentation du prix du carburant ne se limite pas à un problème de budget : elle crée un terreau fertile pour la fraude aux notes de frais. Selon le rapport Cubic, un employé sur dix admet avoir déjà falsifié ses notes de frais de carburant, et cette proportion monte à près de 18 % (soit un salarié sur cinq) lorsque les prix à la pompe s’envolent.

Les formes de dérives les plus courantes en matière de carburant sont multiples :

  • Gonflage des kilométrages professionnels pour toucher des indemnités kilométriques plus élevées
  • Utilisation de la carte carburant d’entreprise pour des trajets personnels
  • Falsification ou duplication de justificatifs de plein d’essence
  • Remboursement de pleins personnels en les faisant passer pour des dépenses professionnelles.

Les conséquences financières sont loin d’être négligeables.

En France, les pertes liées à la fraude sur les carburants dépassent les 150 millions d’euros par an. À l’échelle de l’Europe, le coût global pour les transporteurs avoisinerait 4 milliards d’euros selon les estimations du Parlement européen.

Plus largement, la fraude aux notes de frais représente en moyenne 730 € par employé et par an, et constitue 89 % des cas de fraude détectés en entreprise.

Au-delà du préjudice financier direct, ces pratiques exposent l’entreprise à un risque de redressement par l’URSSAF. En cas de contrôle, l’absence de justificatifs conformes ou le dépassement des plafonds d’exonération peut entraîner des rappels de cotisations sociales significatifs. L’URSSAF peut d’ailleurs contrôler les notes de frais sur une période de trois ans, voire cinq ans en cas de travail dissimulé.

5 leviers pour contrôler vos dépenses de carburant

1. Mettre en place une politique de frais claire et stricte

La première étape va consister à formaliser une politique de dépenses détaillée qui précise :

  • Les types de frais de carburant remboursables
  • Les plafonds autorisés
  • Les zones géographiques couvertes
  • Les justificatifs exigés.

Cette politique doit être communiquée à l’ensemble des collaborateurs dès leur arrivée dans l’entreprise. Sans règle claire, il est pratiquement impossible de détecter une dérive.

2. Contrôler les dépenses en temps réel

Attendre la fin du mois pour vérifier les notes de frais, c’est déjà trop tard. Les outils de gestion modernes comme N2F permettent un contrôle des dépenses en temps réel, avec des alertes automatiques dès qu’une dépense sort du cadre de la politique de frais :

  • Achat un jour non travaillé
  • Dépense hors aire géographique définie
  • Montant anormalement élevé…

Ce type de contrôle proactif permet d’intervenir avant que les montants ne s’accumulent.

Les managers et comptables disposent d’un tableau de bord intuitif pour analyser, comparer et valider les dépenses en quelques clics, au lieu de perdre un temps précieux sur des vérifications manuelles.

3. Détecter la fraude grâce à l’intelligence artificielle

La technologie est devenue un allié incontournable dans la lutte contre la fraude. Avec N2F Intelligence, l’analyse automatisée des justificatifs permet de repérer les tentatives de falsification :

  • Doublons
  • Montants modifiés
  • Tickets incohérents.

L’IA identifie des schémas suspects que l’œil humain ne détecterait pas forcément, surtout lorsque le volume de notes de frais est important.

4. Utiliser des cartes d’entreprise pour sécuriser les paiements

Certaines cartes bancaires professionnelles, telles que les cartes de paiement N2F, offrent un mécanisme de réconciliation automatique entre le paiement par carte et le justificatif.

Le principe est simple : chaque dépense effectuée avec la carte d’entreprise doit être justifiée par une photo du ticket.

Cette correspondance oblige le collaborateur à documenter chaque transaction, ce qui réduit drastiquement les possibilités de fraude ou de remboursement de dépenses personnelles.

5. Automatiser le calcul des indemnités kilométriques

Le gonflage des kilométrages reste la fraude la plus répandue en matière de carburant. Pour y remédier, la digitalisation du calcul des indemnités kilométriques est nécessaire. Grâce à un module intégré qui calcule automatiquement les distances réelles, le collaborateur n’a plus qu’à renseigner sa destination : le montant de l’indemnité est déterminé automatiquement selon le barème fiscal en vigueur et la puissance du véhicule.

Ne sous-estimez pas le coût de l’inaction

Au-delà de la fraude, une mauvaise gestion des notes de frais coûte en moyenne 300 € par salarié et par mois aux entreprises :

  • Erreurs de saisie
  • Justificatifs perdus
  • Retards de traitement
  • TVA non récupérée.

Avec des prix du carburant à des niveaux records, le traitement manuel des notes de frais devient un luxe que peu d’entreprises peuvent encore se permettre. Digitaliser ce processus, c’est avant tout protéger sa trésorerie.

En vous équipant d’outils comme le scan intelligent de reçus, vous gagnez en fiabilité et en rapidité de traitement.

👉 Découvrez les 9 bénéfices du scan des justificatifs dans notre article dédié.

Prenez les devants avant que la situation ne s’aggrave

La flambée des prix du carburant ne montre aucun signe de ralentissement. Tant que les tensions géopolitiques perdureront, les entreprises devront composer avec des budgets carburant imprévisibles et un risque accru de fraude aux notes de frais. Chaque semaine d’inaction, ce sont potentiellement des milliers d’euros qui échappent à votre contrôle.

La bonne nouvelle, c’est que des solutions existent ! Politique de frais claire, contrôle en temps réel, détection des fraudes par l’IA, cartes d’entreprise sécurisées : les leviers pour reprendre la main sur vos dépenses de carburant existent déjà. Reste à les activer avant que la facture ne s’alourdisse davantage.

👉 Pour aller plus loin : découvrez comment l’IA transforme la détection de fraude aux notes de frais dans notre article complet sur le sujet.