Vous êtes une entreprise française qui facture des clients belges ou qui reçoit des factures de fournisseurs établis en Belgique. Jusqu’ici, un PDF envoyé par email suffisait. Depuis le 1er janvier 2026, ce n’est plus le cas.

La Belgique a fait un choix fort et tranché : Peppol est désormais le canal obligatoire pour toutes les factures B2B entre assujettis à la TVA établis en Belgique. Comprendre ce que cela implique réellement pour votre organisation, c’est la condition pour rester en conformité et éviter des litiges avec vos partenaires belges.

Pourquoi la Belgique est en avance sur l’e-invoicing

La Belgique n’a pas attendu que l’Europe impose la facturation électronique pour agir. Dès 2016, le SPF BOSA (Service Public Fédéral Stratégie et Appui) a été désigné comme autorité Peppol nationale, faisant de la Belgique l’un des premiers pays européens à structurer son écosystème autour de ce réseau. La facturation électronique B2G (vers les pouvoirs publics) était déjà obligatoire pour les marchés publics publiés après le 1er mars 2024.

L’extension au B2B, effective au 1er janvier 2026, est le prolongement logique de cette stratégie. La loi du 6 février 2024, qui a inséré l’article 53 §2bis dans le Code TVA belge, a posé le cadre légal définitif. La Belgique s’inscrit ainsi dans la dynamique européenne ViDA (VAT in the Digital Age), qui vise à généraliser le reporting fiscal en temps réel dans l’ensemble des États membres d’ici 2030. Sur ce terrain, Bruxelles a une longueur d’avance sur Paris.

Le cadre de la facturation électronique en Belgique

Ce qui est obligatoire depuis le 1er janvier 2026

Toutes les entreprises belges assujetties à la TVA doivent désormais utiliser des factures électroniques structurées pour leurs transactions B2B. Il ne s’agit pas d’un simple PDF numérique : la facture doit être émise, transmise et reçue de façon à permettre un traitement automatique et électronique de bout en bout.

Concrètement, le format retenu est l’UBL 2.1 (Universal Business Language), une syntaxe XML conforme à la norme européenne EN 16931. Un PDF envoyé par e-mail, même signé numériquement, ne répond plus aux exigences légales pour les transactions B2B.

Les exceptions à connaître

L’obligation ne s’applique pas aux assujettis à la TVA non établis en Belgique sans établissement stable, même s’ils sont identifiés à la TVA belge. Les opérations exemptées en vertu de l’article 44 du Code de la TVA sont également exclues.

💡Point important pour les entreprises françaises : si vous n’avez pas d’établissement stable en Belgique et que vous vous contentez d’une simple identification TVA belge, vous n’êtes pas directement soumis à l’obligation d’émettre des factures électroniques structurées. En revanche, vos fournisseurs belges, eux, ont l’obligation de vous en envoyer, ce qui signifie que vos systèmes doivent être capables de les recevoir.

Les sanctions en cas de non-conformité

Des amendes allant jusqu’à 5 000 € sont prévues en cas de non-conformité. Une période de tolérance de trois mois (janvier à mars 2026) a été accordée aux entreprises pouvant démontrer qu’elles avaient engagé les démarches nécessaires, mais cette fenêtre est désormais close. Toute facture émise au format PDF entre entreprises belges assujetties est considérée comme non conforme.

Comment fonctionne Peppol en Belgique ?

Le réseau des quatre coins

Peppol repose sur une infrastructure dite « à quatre coins » : l’expéditeur envoie son document via son Point d’Accès Peppol, lequel le transmet à travers le réseau jusqu’au Point d’Accès du destinataire, qui le remet à son client. Chaque entreprise est identifiée sur le réseau par un identifiant unique, son Peppol ID, généralement basé sur son numéro de TVA.

Pour comprendre en détail le fonctionnement d’un Point d’Accès Peppol et son rôle dans la chaîne de transmission, il est utile de s’y pencher avant de choisir sa solution technique.

Le standard Peppol BIS 3.0

La Belgique utilise la norme Peppol BIS 3.0, permettant l’émission, la réception et la validation de factures électroniques dans un format structuré et automatisé.

Peppol est le canal standard d’envoi des factures électroniques en Belgique, mais si les deux parties en conviennent, d’autres méthodes d’échange peuvent être utilisées, sous réserve qu’elles soient conformes aux normes EN-16931.

Autrement dit : Peppol est le canal par défaut et obligatoire, mais deux partenaires commerciaux peuvent convenir d’un autre format interopérable à condition que les deux parties soient équipées pour l’utiliser. Dans la pratique, pour les entreprises qui n’ont pas de relation contractuelle spécifique avec leurs partenaires, Peppol s’impose.

La route vers l’e-reporting en 2028

La Belgique mettra en place en 2028 un système d’e-reporting basé sur le modèle Peppol à 5 coins, permettant une communication sécurisée et standardisée entre les entreprises et l’administration fiscale. Ce système remplacera la déclaration annuelle de la liste des clients assujettis à la TVA. En adoptant Peppol dès maintenant, les entreprises posent les fondations de leur conformité pour cette prochaine échéance.

Ce que les entreprises doivent faire concrètement

#1 – S’enregistrer sur le réseau Peppol

La première étape est de se connecter au réseau Peppol via un Point d’Accès certifié. Cela implique de choisir un prestataire habilité, d’obtenir son Peppol ID et de configurer son logiciel de facturation pour émettre et recevoir des documents au format UBL.

Pour les entreprises françaises qui se préparent à la facturation électronique en Belgique, cette étape est souvent sous-estimée dans ses délais de mise en œuvre réelle.

#2 – Vérifier la compatibilité de ses outils

Tous les logiciels de comptabilité ou de gestion des achats ne sont pas encore compatibles avec Peppol. Il convient de vérifier auprès de son éditeur que la connexion au réseau est bien opérationnelle et pas seulement « en cours de développement ». La capacité à recevoir des factures Peppol est souvent le point faible des entreprises qui ont négligé cette vérification.

#3 – Former ses équipes et informer ses partenaires

La transition Peppol n’est pas qu’un projet IT. Les équipes comptables et achats doivent comprendre le nouveau flux :

  • Comment traiter une facture entrante au format XML
  • Comment gérer les rejets
  • Comment relancer un fournisseur dont le Peppol ID est incorrect.

Si vous avez des questions sur la facturation électronique dans ce contexte transfrontalier, il est utile de les centraliser avant le déploiement.

Quels enjeux pour les entreprises françaises ?

Depuis le 1er janvier 2026, Peppol est le standard légal pour les échanges B2B entre entreprises assujetties à la TVA belge.

Pour les entreprises françaises travaillant avec des partenaires belges, l’enjeu est donc double :

  • S’assurer que leurs systèmes peuvent recevoir des factures Peppol
  • Vérifier que leur situation (établissement stable, identification TVA) les soumet également à l’obligation d’émission.

Vous l’avez compris, attendre n’est plus une option !

Facturation électronique en Belgique : les dates clés

  • 1er mars 2024 : Obligation de facturation électronique B2G pour les marchés publics belges.
  • 6 février 2024 : Adoption de la loi rendant la facturation électronique B2B obligatoire via l’article 53 §2bis du Code TVA belge.
  • 1er janvier 2026 : Entrée en vigueur de l’obligation de facturation électronique B2B pour toutes les entreprises belges assujetties à la TVA. Fin des PDF entre entreprises.
  • Janvier à mars 2026 : Période de tolérance conditionnelle (sous réserve de preuve de démarches engagées).
  • 1er janvier 2028 : Mise en place de l’e-reporting en temps quasi réel basé sur Peppol à 5 coins, conformément à ViDA.

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